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Mise à jour le 17/02/10

La Collection Giallo

Le Giallo, en bref :

"Giallo" ("jaune" en italien) désignait initialement une collection de romans policiers, urbains et populaires, qui a largement inspiré le cinéma jusqu'à créer un genre qui en porte le nom. A la frontière entre le policier, l'horreur et l'érotisme, le "giallo" connaît son apogée en Italie dans les années 60/80. Il marquera profondément par la suite des générations de cinéphiles et de réalisateurs. Ainsi, à bien des égards, la plupart des "slashers" américains des années 80 et des grands thrillers "serial killers" des années 90 peuvent être considérés comme ses dignes héritiers.

Retour sur l'Histoire : De la littérature au cinéma

Le giallo est un genre littéraire apparu au XIXe siècle et qui a pour centre d'intérêt un crime mystérieux non résolu. Le nom même de "giallo" émane de la collection italienne inventée par Lorenzo Montano, éditée par le célèbre Arnoldo Mondadori en 1929, proposant des livres policiers aux couvertures de couleur jaune. Dès lors, le jaune devint la couleur du mystère, des énigmes à résoudre, des enquêtes policières...

D'un point de vue strictement littéraire, le giallo est probablement né en 1841 avec la parution de "Murders in the Rue Morgue" d'Edgar Allan Poe. L'auteur américain invente ainsi le personnage d'Auguste Dupin, un enquêteur aux capacités déductives extraordinaires. Près de cinquante plus tard, l'Anglais Sir Arthur Conan Doyle donne vie à Sherlock Holmes, sûrement le plus célèbre détective de l'histoire de la littérature (mais aussi du cinéma). Il ouvre ainsi la voie à de nombreux écrivains, parmi lesquels on citera Agatha Christie (et ses héros Hercule Poirot ou Miss Marple), Ellery Queen, John Dickson Carr, Erle Stanley ou encore Edgar Wallace.

Dans le cinéma italien, le giallo est un genre aux codes bien définis, possédant des éléments récurrents et une construction qui respecte presque toujours un schéma pré-établi. Ce genre peut aussi être appelé "whodunit" (dérivation de l'anglais "Who has done it ?" - Qui l'a fait ?) et se base sur la typologie la plus élémentaire, mais aussi la plus efficace du récit à suspense : une énigme à résoudre, un coupable à trouver, des faux suspects, des faux indices, des meurtres imprévus et diaboliques, et la révélation sur l'identité du coupable dévoilée par le détective dans les toutes dernières pages du livre / minutes du film.

La Queue du Scorpion  La Queue du Scorpion  La Queue du Scorpion

Des réalisateurs inspirés

Typiquement italien, le giallo a eu ses grands maîtres au cinéma, à commencer par Mario Bava qui, en 1964, réalisé l'archétype du genre avec "6 femmes pour l'assassin" ("Sei donne per l'assassino"), un film élégant, violent, morbide, surprenant et extrêmement stylisé, aussi bien dans la construction de son scénario que dans la représentation graphique des meurtres commis.
Le plus grand disciple de Mario Bava est certainement Dario Argento qui réalise, entre 1970 et 1971, trois gialli mémorable : "L'Oiseau au plumage de cristal" ("L'uccelo dalle piume di cristallo"), "Le Chat à neuf queues" ("Il gatto a nove code") et "Quatre mouches de velours gris" ("Quattro mosche di velluto grigio").
Le giallo devient alors un genre côtoyé par les plus grands réalisateurs du cinéma bis italien : Umberto Lenzi ("Le Tueur à l'Orchidée", "Si douces si perverses"), Sergio Martino ("L'Alliance Invisible", "La Queue du Scorpion"), Lucio Fulci ("La longue nuit de l'exorcisme", "L'Emmurée Vivante", "La Machination"), Aldo Lado ("Je suis vivant !"), Antonio Bido ("Ombres Sanguinaires"), Massimo Dallamano ("Mais qu'avez-vous fait à Solange ?"), Duccio Tessari ("L'Homme sans Mémoire", "Cran d'Arrêt")...

Une pléiade d'actrices et d'acteurs de talent

Un des éléments constants du giallo est la sensualité (voire même l'érotisme) dégagée par les personnages féminins, qu'elles soient femmes fatales ou sans défense. Leur présence était d'ailleurs fondamentale dans un genre souvent accusé de misogynie. Les plus charmantes actrices de l'époque ont ainsi éclairé de leur présence ces nombreux films : Caroll Baker, Anita Strindberg, Edwige Fenech, Tina Aumont, Mimsy Farmer, Barbara Bouchet, Senta Berger, Suzy Kendall, Ida Galli...

Parmi les acteurs clés du genre, on trouve George Hilton, Ivan Rassimov, Jean Sorel, Lino Capolicchio, Ray Lovelock, Claudio Cassinelli, Mario Adorf ou encore Luc Merenda.
Généralement, les héros du giallo ne sont pas de véritables enquêteurs, mais ils s'improvisent en tant que tel pour résoudre l'énigme qui leur est soumise. Il n'y a donc pas, comme dans les polars, de personnage récurrent ; ce pourquoi le giallo n'a jamais été "sérialisé".

Des meurtriers inventifs

Dans l'histoire du giallo italien, on peut trouver une très riche variété d'armes utilisées pour les meurtres.
Le couteau est sûrement la plus utilisée (toujours dans des mains gantées de cuir noir) ainsi que toutes ses variantes à lames effilées (rasoirs, cutters, épées,...).
La créativité des auteurs de gialli n'ayant pas de limite, certaines victimes sont parfois tuées de façon surprenante : brûlées sur le poêle, décapitées par une pelleteuse, égorgées par des morceaux de verre, noyées dans de l'eau brûlante, empalées sur une tronçonneuse...

La Maison de la Terreur  Le Chat à neuf queues La Queue du Scorpion

Des titres aux noms évocateurs

Une caractéristique commune aux gialli de l'âge d'or était d'utiliser le nom d'un animal dans le titre du film. On imitait d'une certaine manière les gialli de Dario Argento qui avait réalisé une trilogie "animalesque" à très grand succès.
Après l'oiseau, les mouches ou le chat, on trouve donc, entre autres, des canards ("Non si sevizia un paperino" de Lucio Fulci), des papillons ('Una farfalla con le ali insanguinante" de Duccio Tessari), des scorpions ("La coda dello scorpione" de Sergio Martino), des araignées ("La tarantola dal ventre nero" de Paolo Cavara), des lézards ("Una lucertola con la pelle di donna" de Lucio Fulci)...
Un phénomène typiquement italien puisque pour l'exploitation étrangère, la plupart des animaux ont disparu au profit de titres tout à fait différents. Mais c'est une fois de plus la démonstration de l'influence énorme de Dario Argento sur l'histoire du giallo.

Source : Neo Publishing

Titres disponibles dans la collection :




 
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