Critique ciné : Disturbia, le 29/8/2007
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Disturbia (2007 - D.J.Caruso)
Sortie Belge le mercredi 22 août 2007
Kale, 17 ans, habite une de ces banlieues paradisiaques où il ne se passe jamais rien, jusqu'au jour où... Seul chez lui, maître de son temps, ses journées se passent à surfer sur le web, à regarder la télé, à jouer sur sa console, à se gaver de pizzas, à reluquer en douce la fille canon qui vient d'emménager dans la maison voisine.
Une vie de rêve ? Pas tout à fait... Car Kale n'a pas le droit de sortir de chez lui. Placé sous contrôle judiciaire à la suite d'une algarade, il doit purger sa peine à domicile, et trouve chaque jour plus étouffante cette contrainte. Son seul exutoire : épier ses voisins à la jumelle, observer leurs habitudes, leurs déplacements, leurs incongruités, tenter d'en déduire leurs petits et leurs grands secrets. Et Kale, jamais à court d'imagination, prend à ce petit jeu un plaisir considérable. Mais le jeu prend soudain une tournure inquiétante, lorsque Kale et sa nouvelle copine découvrent qu'un de leurs voisins, l'énigmatique Mr. Turner, pourrait bien être... un tueur en série...

Il est temps de donner conscience aux réalisateurs hollywoodiens que malgré toute la bonne volonté du monde, leurs thrillers n'arriveront jamais à la cheville de toute la filmographie d'Alfred Hitchcock.
On se demande d'ailleurs, à la sortie de ce DISTURBIA, si D.J.Caruso a eu le message. Apparement non, il n'en fait qu'à sa tête, à l'instar de Nimrod Antal et de son pitoyable "Vacancy". Pour son nouveau film, il a décidé de reprendre le thème principal du sublime "Fenêtre sur Cour" (le voyeurisme, rarement exploité au cinéma) mais en le réactualisant. Ici, le personnage principal n'est plus un journaliste handicapé en chaise roulante, mais bien un mineur d'âge à qui on a attaché un mini système du surveillance suite à l'agression commise sur un de ses professeurs, le condamnant à rester chez lui dans un certain périmètre qu'il ne peut dépasser sous peine d'être arrêté.
Cette réactualisation assez originale ne s'arrête pas là tant Caruso fait un tour d'horizon des occupations du jeune héros : consoles de jeu, téléchargement de chansons sur I-Tunes, sexualité et donc, perversité suite à son espionnage constant. Après ce début assez intéressant, il fallait savoir si Caruso allait continuer son petit bonhomme de chemin en livrant un thriller dans la pure tradition du genre. Finalement, on se contentera de dire "oui et non". Oui, parce qu'il arrive à nous faire sursauter lors des apparitions surprises de David Morse, excellent en serial killer assoiffé de sang, prêt à tuer tout son voisinnage. Egalement parce que Shia LaBoeuf est extrêmement convaincant en jeune espion amoureux de sa voisine et en victime potentielle, ponctuant son rôle de petites pointes d'humour loin d'être bêtes. Aussi parce que pour un thriller tous publics, on montre des cadavres peu ragoûtants, allant parfois jusqu'aux vieux squelettes mais sans jamais verser dans le gore mais jouant à fond la carte de la suggestion, ce qui renforce le suspense et fait augmenter le trouillomètre. Sans parler de la mise en scène classieuse et d'une photographie classique mais assez sombre, venant à point pour ce genre de film. Non ! Carrie-Ann Moss (Matrix) n'est pas crédible en maman d'un gosse de 17 ans alors qu'elle est encore assez jeune et son jeu approximatif la rend encore moins convaincante. La petite amie du héros n'est qu'une fille à papa superficielle et légère, incarnant la jeunesse féminine sans conviction ni motivation.
Enfin, on notera une musique peu présente, chose pourtant primordiale dans un suspense.
DISTURBIA aurait pu être un nouveau classique du genre si la partie de cache-cache finale ne serait pas aussi prévisible et si cette dernière aurait été tragique. On peut également regretter que ce final ne se déroule pas dans une maison plus spatieuse afin de faire monter l'angoisse d'un cran.
Ceci dit, il n'empêche que le film de Caruso est une bonne petite surprise et confirme qu'il existe encore des cinéastes de talent qui comprennent les règles du genre et les mettent en scène avec beaucoup d'énergie et d'originalité.
6.5/10
Laurent T.
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